+100 relogés

Parcours de réinsertion



a. Le pré-suivi

Face aux multiples demandes émanant du réseau, des particuliers ainsi que de nos propres constats de terrain, nous avons créé une dimension de pré-suivi pour toutes les personnes que nous ne pouvons malheureusement pas suivre pour l’instant. Nous gardons un registre de tous les appels, les signalements ou les rencontres fortuites, ce qui nous permet d'avoir une vision plus générale de notre population cible. Il nous paraît important de rester attentifs et de pointer les besoins urgents afin de se souvenir des personnes à prioriser dans notre suivi dès qu’une possibilité se libère. Un patient passe donc dans le suivi quand une place se libère et s'il est considéré comme particulièrement vulnérable. Cette mesure de vulnérabilité se basera sur deux critères: Il reçoit peu ou pas de soutien de la part des associations médico-sociales et est évalué comme ayant un niveau bas selon notre échelle d’évaluation rapide de l’état d’une personne (CVC).

b. Le suivi

IDR considère l’hygiène et la prise en charge des soins de santé de base comme des déclencheurs pour la prise en charge à plus long terme des patients et leur réinsertion, notamment parce que ces deux éléments contribuent à améliorer l’estime de soi du patient. En effet, nous considérons également la valorisation des patients comme primordiale et nous travaillons d'ailleurs toujours sur base de leurs ressources personnelles.

C’est ainsi que les infirmiers et infirmières de rue réalisent quelques soins sur le terrain, motivent et conseillent les personnes sans-abri à prendre soin de leur hygiène et de leur santé mais aussi les accompagnent aux rendez-vous médicaux et en cas d'hospitalisation. Le patient entre ainsi dans le réseau médical et grâce à la présence de notre médecin, la coordination de la prise en charge médicale pourra être possible entre les différents services.

Par la présence d’une assistante sociale, nous avons amélioré la structuration de nos suivis par le biais d’un dossier social élaboré pour chaque patient. Le patient est mis en réseau avec les associations sociales. Cette présence a également pour objectif de permettre aux infirmiers de se recentrer sur la partie médicale de leur travail de rue en ayant une meilleure compréhension des enjeux et difficultés sociales.

La dernière évolution dans notre travail se situe dans le volet logement. Le décès de certains patients nous a mis face au constat qu’on ne pouvait pas délier la question du logement du reste du suivi. Travailler uniquement sur l’hygiène et la mise en lien avec les structures de santé n’était plus suffisant car la rue elle-même est un facteur de morbidité. Nous avons donc travaillé sur la création de différents partenariats (maison de repos, agence immobilière sociale, logement de transit) afin d’augmenter l’accompagnement à domicile ainsi que l’offre et les possibilités de logement pour nos patients.

Ajoutons toutefois qu'en cas de décès, nous nous assurons qu'un hommage digne ait lieu pour la personne grâce au "Collectif des morts de la rue".

C. Le post-suivi

IDR réalise un post-suivi plus espacé qui nous permet de reprendre contact tous les mois avec les professionnels qui ont pris le relais de nos patients à domicile, pour voir si tout va bien et éviter une rechute en rue. Nous gardons également un contact direct (appels et courriers réguliers) avec les patients afin de nous assurer qu’ils se plaisent dans leur logement et qu’ils n’y manquent de rien. Aussi, nous pensons qu’il est important, en tant qu’association médicale, que nous gardions ce lien direct avec eux dans un souci d’analyse de l’impact du logement et de la réinsertion sur la morbidité et la mortalité.

De plus, les patients reçoivent une visite régulière de nos bénévoles qui ont reçu une formation spécifique. Ces derniers élargissent d'avantage le réseau et les perspectives d'avenir de la personne. C'est une compagnie qu'on propose au patient pour éviter le sentiment de solitude. Par ce biais, la rechute est prévenue et c'est un moyen pour nous d'avoir des retours réguliers sur l'état de la personne et de pouvoir réagir si besoin est.

En parallèle, infirmiers de rue travaille avec une entreprise de consultance spécialisée sur un projet-pilote. Ce dernier consiste en la mise en route d’un logement mixte avecdes studios pour sans-abri et  autres pour personnes à revenus moyens. La spécificité de l’approche est d’offrir un logement adapté à Bruxelles, et ceci dans un lieu où se trouvent aussi des équipes médicale, psychologique et sociale, afin de réaliser un suivi régulier de proximité et éviter les rechutes. Pour plus d'informations: http://www.housingfirstbelgium.be

http://www.housingfirstbelgium.be/pages/six-implementations/bruxelles-infirmiers-de-rue.html