L'histoire de Monsieur G.

octobre 2019
Nous retrouvons notre patient, que nous suivons depuis peu, dans une des rues principales de Liège. Il est allongé sur le trottoir, le pantalon baissé, de l’urine et des selles sur lui. 

Il est amorphe et incapable de se déplacer. Il ne réagit pas et semble n'éprouver aucune émotion. Malgré cet état déplorable, il ne présente pas de problème physique nécessitant une hospitalisation.

Nous lui demandons s’il accepterait de nous suivre jusqu'à à La Fontaine (centre de soins et d'hygiène), il marmonne que "oui" mais nous dit qu'il ne sait pas bouger. En vérité, cela fait cinq mois qu’il se laisse aller et n'a pas pris soin de lui. 

C'est à ce moment que la police arrive, alertée par des citoyens inquiets.
Les agents, très compréhensifs et connaissant Monsieur G., cherchent avec nous une solution pour l’emmener au centre. 

Nous essayons de le soutenir pour marcher mais après quelques pas, il s’écroule au sol. Finalement, les policiers demandent à des collègues de nous rejoindre avec un combi, à l'intérieur duquel nous faisons monter monsieur, toujours avec leur aide. Ensuite, nous sommes tous emmenés à bon port.

Une fois sur place, nous déshabillons notre patient, le faisons entrer dans la douche et le lavons. Nous le rhabillons ensuite avec du linge propre et lui offrons une soupe avec une tartine. 

Enfin posés, nous entamons une conversation avec lui et lui renvoyons son état « lamentable ». Nous lui demandons ce qu’il ressent. Il avoue qu’il a honte, qu’il ne se reconnaît plus, qu’il ne pensait pas se retrouver un jour dans cet état. 

Lorsqu’il nous dit cela, pour la première fois, il relève la tête et nous regarde ! 

Une première petite victoire : Monsieur est parvenu à exprimer son mal-être.

(*) Nous mettons tout en œuvre pour respecter la vie privée de nos patients et notre secret professionnel. Nous voulons néanmoins témoigner de la façon dont ils doivent survivre et de la manière dont nous travaillons ensemble à leur réinsertion. Par conséquent, le nom des lieux et des personnes sont volontairement omis ou modifiés et des situations vécues sont placées dans un autre contexte. Il n’y a pas de lien direct entre les photos et les histoires ci-dessus.

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